Les Métis : Notre culture, nos histoires

Qui sont les Métis? Une culture riche en traditions et en folklore enchanté. Rendez visite à des personnalités métisses de l'Ontario qui nous partagent leurs connaissances, sagesse et espoirs. Que ce soit par le smudge, les cabanes en rondins ou les ceintures fléchées, les Métis nous dévoilent comment la nature, la spiritualité et la communauté sont des piliers de leur identité. D'une part documentaire et d'une autre, des animations où les personnages nous amènent sur une aventure. Découvrez ...

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Vidéo transcription

La Terre Mère

La nature est un reflet des relations humaines. Paul, Christian et Makhéna nous expliquent pourquoi il est important de garder sa connexion à la nature qui nous offre tant de bonté. Des élèves apprennent une mauvaise nouvelle lors d’une excursion de fin d’année en nature et ceci les inspire à prendre action.



Réalisateur: Émilie Martel
Année de production: 2019

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Titre :
Les Métis: notre culture, nos histoires


Intertitre :
La Terre Mère


Des images diverses de plantes et de feuillages d'une forêt défilent.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

On n'est pas séparé

de la nature: on est la nature.


PAUL DISHINIKAWSHON est interviewé dans la forêt.


PAUL DISHINIKAWSHON

Tout est interconnecté.

Si on demande à une fleur:

«C'est quoi, la vie?», si

on demande à une feuille: «C'est

quoi, la vie?», ils vont nous

répondre: «Ça, c'est la vie.»


Puis, dans un coin de la forêt, au soleil, différentes personnes se présentent alors qu'elles sont assises en cercle autour d'un feu de camp.


CHRISTIAN PILON

Mon nom, c'est Christian.


MAKHÉNA GUÉRIN

Je m'appelle Makhéna Guérin.


PAUL ALLAIRE

Bonjour. Paul

Dishinikawshon.


CHRISTIAN s'adresse à une jeune fille, MARIANNE LAROCQUE.


CHRISTIAN PILON

Aujourd'hui, on est

dans la forêt Larose. Savez-vous

l'histoire de la forêt Larose?


MARIANNE LAROCQUE

Non.


CHRISTIAN PILON

Dans le temps, il y avait

les bûcherons, icitte. On

coupait les arbres. Le problème,

c'est qu'on en a coupé beaucoup

trop. Qu'est-ce qui est arrivé,

c'est que la forêt a disparu.


PAUL DISHINIKAWSHON

Mais on sait pas combien

de plantes ont été détruites.

La forêt a été plantée,

essentiellement.


Une carte géographique où se situe la ville d'Ottawa est présentée. Un peu plus à l'est, un cercle indique l'emplacement de la forêt Larose, ainsi que les villes d'Embrun, Casselman et Clarence-Rockland.


PAUL DISHINIKAWSHON

C'était majoritairement

une espèce d'arbre. La forêt

est après reprendre qu'est-ce

que mère terre veut avoir ici.


Des images diverses de la forêt Larose défilent. Puis, CHRISTIAN est interviewé à l'écart.


CHRISTIAN PILON

Une chance qu'on a

des écureuils et une chance

qu'on a des oiseaux qui sont

venus et qui ont décidé de faire

une petite visite dans la forêt

Larose pour replanter

d'autres semences, si tu veux.


Un extrait de PAUL chantant alors qu'il frappe le rythme sur un tambourin est présenté.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Ouvre tes oreilles et écoute

plus. C'est le battement de

coeur non seulement de la mère

terre, mais c'est le premier son

qu'on entend quand on est

à l'intérieur de notre mère.


Un extrait de MAKHÉNA dansant avec cinq cerceaux est présenté.


MAKHÉNA GUÉRIN (Narratrice)

Dans ma danse, je suis capable

d'incorporer des mouvements plus

féminins, avec des mouvements

plus masculins, et vraiment

m'exprimer. Pendant que

tu danses, c'est une prière.

Toute ta tête, ton esprit,

tu pries avec les émotions.


PAUL DISHINIKAWSHON (Narrateur)

C'est célébrer tout, tout, tout

qu'est-ce que le Créateur

nous donne, et de reconnaître,

quand on se lève le matin,

et qu'on dit:

«Miigwech,

je suis encore en vie.»


Un dessin animé débute. Au bord d'une route, devant une école, des ÉLÈVES montent à bord d'un autobus scolaire.


NARRATRICE

Une douzaine

d'enfants se préparent pour

aller à une sortie éducative

en montagne. Madame Lafleur,

leur enseignante, se réjouit

de partager avec eux la beauté

de la nature en Ontario et

l'importance de sa préservation.


Tous les ÉLÈVES étant maintenant à bord, l'autobus démarre et s'éloigne. Des parents saluent leurs enfants de la main.


Dans l'autobus, MADAME LAFLEUR s'adresse à ses ÉLÈVES.


MADAME LAFLEUR

Alors, les amis, vous êtes

prêts pour notre excursion

de fin d'année?


Les ÉLÈVES s'exclament avec enthousiasme. Au fond de l'autobus, VICTOR et MYLÈNE discutent.


VICTOR

Je suis tellement content

d'aller sur cette excursion

en montagne. C'est la première

fois que je pars deux soirs

sans mes parents.


MYLÈNE

Moi aussi!


VICTOR

(Fouillant dans son sac à dos)

J'espère que j'ai rien oublié.


MYLÈNE sort une petite enregistreuse portative de son sac.


MYLÈNE

Moi, j'ai apporté ça.


VICTOR

Pourquoi?


MYLÈNE

Pour enregistrer les sons

de la nature, puis

mes impressions. C'est comme

si je tiens mon journal.


VICTOR fouille encore dans son sac, puis soupire de soulagement. Il en sort un appareil photo.


VICTOR

Pour une seconde, je pensais

l'avoir oubliée à la maison!


MYLÈNE

C'est une belle caméra!


VICTOR

Je l'ai empruntée de ma mère.

(Soupirant)

Mais j'aimerais bien avoir

mon téléphone!


MADAME LAFLEUR passe dans l'allée.


MADAME LAFLEUR

Sans téléphone, tu pourras

mieux observer la nature.


VICTOR

On devrait avoir le droit

d'apporter nos téléphones,

madame. Qu'est-ce qui arrive

s'il y a une urgence

à la maison?


MADAME LAFLEUR

Bien, inquiète-toi pas, Victor.

Tous les parents savent comment

nous rejoindre!


VICTOR

Et si jamais on se fait mal?


ISAAC, un autre élève, intervient.


ÉLÈVE

Nous avons tous la formation

en premiers soins.


MADAME LAFLEUR

Hum-hum, pas de soucis.

Mais vous allez quand même

exercer vos jambes!


MADAME LAFLEUR s'éloigne.


VICTOR

Si au moins on avait pu

apporter nos jeux électroniques.


MYLÈNE

Tu mourras pas,

trois jours sans gadgets.


Un peu plus tard, l'autobus se gare dans une clairière d'un coin boisé.


NARRATRICE

Le groupe arrive

enfin au Camp des voyageurs

pour commencer son séjour.


Les ÉLÈVES descendent de l'autobus et courent vers des grandes tentes dressées autour d'un foyer, au bord de la rivière. Tous s'installent. Puis, un moment passe.


MADAME LAFLEUR

(S'adressant à ses ÉLÈVES)

Alors, on est tous prêts

à monter la montagne, ce matin?


VICTOR, ISAAC et MYLÈNE s'exclament avec joie avec d'autres élèves.


VICTOR

(Levant la main)

Madame Lafleur, c'est-tu vrai

qu'il y a un lac en haut

de la montagne?


MADAME LAFLEUR

Oui. Il est dans un cratère.


VICTOR

Un cratère?


ISAAC

Un cratère formé par

un météorite tombé de l'espace.


MADAME LAFLEUR

Ha! C'est ça, Isaac.

C'est le cratère qui a formé

la vallée à Sudbury, sauf

qu'il est beaucoup plus petit.


MYLÈNE

Et rempli d'eau,

si c'est un lac.


MADAME LAFLEUR

C'est ça! Les pluies

s'accumulent dans ce cratère

depuis des milliers d'années.


VICTOR

On pourrait se baigner

dans le lac cratère?


MADAME LAFLEUR

Non. Mais aujourd'hui,

vous aurez deux surprises. L'une

sera bonne, et l'autre mauvaise.


ISAAC

C'est quoi?


MADAME LAFLEUR

Des surprises!

Allons-y, en route!


MADAME LAFLEUR mène sa classe à travers la forêt.


Le dessin animé s'arrête.


Dans la forêt, MARIANNE et MAKHÉNA cueillent de petits champignons et des bouts d'écorce d'un petit tronc d'arbre tombé. PAUL les accompagne.


PAUL DISHINIKAWSHON

La terre, c'est notre mère.

Et à chaque fois qu'on prend

quelque chose de la terre,

on offre du tabac et on dit

miigwech, on dit merci.

Regarde ici, il y a

des champignons qui poussent.

Cet arbre-là a encore de la vie.


PAUL tapote le tronc d'arbre tombé.


MAKHÉNA GUÉRIN

(Montrant ses mains pleines d'écorces)

Je pense que j'en ai assez.


PAUL DISHINIKAWSHON

On en a assez, oui! Ha! Ha! Ha!


Puis, CHRISTIAN, MAKHÉNA, MARIANNE et sa soeur CAMILLE LAROCQUE, et PAUL marchent à travers la forêt nu-pieds.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

J'ai demandé qu'on enlève

nos souliers et qu'on marche

nu-pieds dans la forêt.


En traversant un coin d'herbes hautes, CHRISTIAN s'adresse aux filles.


CHRISTIAN PILON

La raison pourquoi je vous ai

invités de marcher nu-pieds,

tu peux sentir toutes

les branches, toutes les

racines, toutes les cocottes.


Puis, l'entrevue de CHRISTIAN se poursuit.


CHRISTIAN PILON

On a amené les trois filles,

dont Makhéna, Marianne

et Camille, pour vivre

une expérience, vivre quelque

chose hors de l'ordinaire,

mais qui serait en fait naturel

pour nous autres. On se donne

la chance de se ralentir

pour recommunier avec la nature.

Ça vaut la peine que plus de

gens le fassent. Définitivement.


Puis, après la promenade dans la forêt, CHRISTIAN s'adresse à MARIANNE.


CHRISTIAN PILON

Comment t'as senti ça?


MARIANNE LAROCQUE

C'était froid!


CHRISTIAN PILON

Ha! Ha! Ha!


Un extrait de PAUL posant des tambourins au pied d'un arbre et posant du tabac au sol défile.


PAUL DISHINIKAWSHON

(En entrevue)

Je m'occupe du feu sacré

dans différentes cérémonies.

Quand on fait des feux

pour des cérémonies, t'as

le côté spirituel, t'as le côté

physique. La raison qu'on met

du tabac par terre, c'est

en respect pour les organismes

qui vont donner leur vie

pour que nous autres, on puisse

avoir ce feu-là aujourd'hui.


PAUL fait un petit feu avec des branches qu'il casse. Un extrait de PAUL, CHRISTIAN et des trois filles courant à travers la forêt défile. Puis, PAUL s'adresse aux filles au milieu d'herbes hautes.


PAUL DISHINIKAWSHON

Notre corps est la terre.

Tout, tout, tout sur la terre

fonctionne en équilibre.

Je me sens que je fais partie

de la famille ici dans la forêt.


À un autre moment, tous sont assis autour du feu qu'a fait PAUL. Des images diverses d'arbres se succèdent.


PAUL DISHINIKAWSHON

Il y a des grands-parents,

les arbres qui sont vieux.

Il y a aussi les papas,

les mamans. Et il y a aussi

les petits enfants qui poussent.


MAKHÉNA GUÉRIN

En dessous de la terre,

ils se rejoignent tous l'un

et l'autre. C'est comme s'ils

se tiennent la main. Donc, c'est

vraiment toute une communauté.


CHRISTIAN PILON (Narrateur)

Si on prend le temps

de regarder la forêt, on peut

apprendre comment se traiter

comme être humain.


Des extraits divers du groupe ramassant des branches et courant à travers la forêt défilent.


MARIANNE LAROCQUE

Le froid sous mes pieds, ça

venait chercher quelque chose.

C'était comme si je faisais

partie de la forêt.

C'est comme si elle me faisait

un gros câlin. Ha!


CHRISTIAN PILON

Ç'a réveillé!


MARIANNE LAROCQUE

Oui!


CHRISTIAN PILON

La jeunesse a beaucoup

de choses à nous apprendre, oui.

Tiens, mon gardien de feu!


Autour du feu, CHRISTIAN lance un paquet de branches et de brindilles devant PAUL, qui est assis en face de lui.


PAUL DISHINIKAWSHON

Je suis en vacances!


Tout le monde rit.


Le dessin animé reprend. Dans la forêt, les ÉLÈVES s'essoufflent. Tout à coup, VICTOR aperçoit un renard devant lui.


VICTOR

Oh!


VICTOR prend son appareil photo qu'il a autour du cou, puis prend le renard en photo.


VICTOR

Oui! Je l'ai eu!


Le renard s'éloigne en courant.


MADAME LAFLEUR

Voici le lac...

et la première surprise!


VICTOR court rejoindre MADAME LAFLEUR qui est au bord du lac. Celle-ci pointe un énorme arbre au milieu du lac.


ISAAC

L'arbre,

c'est la bonne surprise?


MADAME LAFLEUR

Oui. Le sapin blanc est l'arbre

le plus haut en Ontario.


VICTOR

Il doit bien avoir... 35 mètres?


MYLÈNE

Mets-en! Au moins 45!


MADAME LAFLEUR

En effet, il mesure 46.9 mètres.

Alors, on va passer une heure

ici avant de redescendre,

mais cette fois,

en suivant le sentier

de l'autre côté de la montagne.


VICTOR prend d'autres clichés, tandis qu'ISAAC observe les alentours avec des jumelles.


Un moment plus tard, ISAAC, VICTOR et MYLÈNE s'assoient par terre. MYLÈNE parle dans son enregistreuse.


MYLÈNE

Je suis en train d'admirer

le plus grand arbre

de l'Ontario. Le pin blanc

est l'arbre officiel

de la province de l'Ontario.

Et toi, Isaac, comment

tu le trouves, cet arbre?


MYLÈNE tend son enregistreuse vers ISAAC.


ISAAC

Majestueux et vieux!

Madame Lafleur dit qu'il doit

avoir plus de 200 ans!


ISAAC, VICTOR et MYLÈNE rient.


Dans le lac, deux castors se rendent vers un petit barrage de bois.


Un moment plus tard, les ÉLÈVES se promènent. MYLÈNE aperçoit un écriteau avec la mention «Ne laisse aucune trace» accroché à un arbre, mais plusieurs déchets jonchent le sol sur le sentier.


MYLÈNE

C'est pas correct!


ISAAC

On peut dire que ces personnes

ont vraiment laissé

leurs traces.


MYLÈNE

Les gens devraient montrer plus

de respect pour l'environnement.

(Soupirant)

Terre mère,

c'est pas un dépotoir.


MADAME LAFLEUR s'approche.


VICTOR

Alors, madame, ça,

c'est la mauvaise surprise?


MADAME LAFLEUR

Oui, mais seulement

la première partie.

Les déchets ne sont pas

les seuls problèmes. Quelqu'un

sait ce qu'on voit ici?


MADAME LAFLEUR pointe un coin de la forêt où il ne reste plus que des souches d'arbres.


VICTOR

En tout cas, il n'y a plus

beaucoup d'arbres.


MADAME LAFLEUR

C'est une coupe à blanc. Tous

les arbres ont été coupés! Ça va

prendre plusieurs décennies

avant que la végétation

revienne. Entre-temps,

le sol va se faire éroder.


ISAAC

Ceux qui ont coupé les arbres

devraient les remplacer.


MYLÈNE

Pourquoi quelqu'un voudrait

détruire les plus belles beautés

de notre terre?


VICTOR

J'ai un oncle qui est bûcheron.

Mes parents disent que

sans les ressources naturelles,

on n'aurait pas de maisons

ni de téléphones cellulaires.


MYLÈNE

Mais sans la terre,

il n'y a pas de vie pour nous

ni les animaux.


MADAME LAFLEUR

Je vous ai menti.


MYLÈNE

Comment ça?


MADAME LAFLEUR

Il y a une deuxième bonne

surprise.


MADAME LAFLEUR, VICTOR, ISAAC et MYLÈNE rejoignent leur groupe. MADAME LAFLEUR fouille dans son sac à dos et en sort un paquet de sacs de poubelle et des gants.


MADAME LAFLEUR

J'ai apporté des sacs

de déchets qu'on va remplir

et sortir d'ici.


MADAME LAFLEUR donne le tout à ISAAC, VICTOR et MYLÈNE. Puis, tous les ÉLÈVES de la classe se mettent à nettoyer le sentier et à ramasser les déchets environnants.


Un peu plus tard, tous les ÉLÈVES retournent au campement avec un sac de déchets dans les bras.


VICTOR

C'était du travail, ça.


MYLÈNE

Je vais dormir comme une bûche,

ce soir.


Les ÉLÈVES posent les sacs de déchets dans un même coin.


Plus tard, durant la nuit, MYLÈNE dort dans son sac de couchage. Dans ses rêves, elle imagine le grand sapin blanc du lac craquer et tomber dans l'eau, qui devient du sang. Une énorme énorme vague rouge engloutit alors le barrage des castors.


Le cauchemar de MYLÈNE prend fin. Elle se réveille en sursaut.


MYLÈNE

Qu'est-ce que ça veut dire?


Le dessin animé s'arrête.


Au bord du lac, PAUL se tient à une table de pique-nique où sont posés plusieurs objets qu'il présente. PAUL montre un bout de bois sculpté décoré de trois petites tortues en bois peint.


PAUL DISHINIKAWSHON

On dit tous: «On est lent comme

une tortue», mais dans le monde

spirituel, c'est elles

qui sont les plus vites.

La plume d'aigle, c'est le côté

spirituel. L'aigle,

c'est l'oiseau qui vole

le plus haut. Parce qu'il est

capable de voir très loin, c'est

lui qui apporte l'intuition.


À un autre moment, dans la forêt, PAUL se tient à côté de CHRISTIAN et témoigne.


PAUL DISHINIKAWSHON

Le côté spirituel, pour moi,

c'est tellement important.


À la table de pique-nique, PAUL montre un petit panier artisanal fait d'écorce de bouleau.


PAUL DISHINIKAWSHON

Les anciens se servaient

beaucoup, beaucoup de ce genre

de matériaux là pour ramasser

de l'eau, des framboises, toutes

ces choses-là. Comme ça, si

le panier était laissé à terre,

il va retourner à la terre.

Retourner à notre mère.


À un autre moment, PAUL tient une feuille dans sa main.


PAUL DISHINIKAWSHON

On peut pas connaître

qu'est-ce qu'il y a là-dedans.

C'est un enseignement tellement

profond qui apporte l'humilité,

qui apporte le respect.


À un autre moment, MAKHÉNA discute avec CHRISTIAN et PAUL. Leur conversation est entrecoupée d'images de la forêt et d'extraits de leur promenade.


MAKHÉNA GUÉRIN

Des gens deux-esprits,

c'est des gens qui

possédaient l'esprit féminin

et l'esprit masculin,

et que ces deux esprits-là

sont vraiment balancés.


CHRISTIAN PILON

On apprend beaucoup au niveau

des Premières Nations,

comme Métis aussi.

C'est notre côté maternel, sur

le côté Anichinabé. Comme Métis,

on rassemble le monde, on veut

les emmener ensemble. Et en même

temps aussi, on veut leur faire

comprendre l'importance de notre

nature.


Puis, CHRISTIAN poursuit son entrevue.


CHRISTIAN PILON

La forêt Larose a été

transplantée pourquoi? Parce que

c'est notre faute, mais si

on n'avait pas fait le dommage

pour commencer avec? On est

responsables pour qu'est-ce qui

arrive autour de nous autres.

Où est-ce que ça fait

une différence, c'est que c'est

quoi que toi, tu vas faire.


PAUL poursuit son entrevue.


PAUL DISHINIKAWSHON

On n'a pas besoin d'être

Premières Nations

pour se connecter à la terre.

Et si on est malade, on va voir

un médecin. On peut aller

voir un aîné pour nous aider

à connecter.


Une image de PAUL et de CHRISTIAN qui sourient est présentée.


Le dessin animé reprend. Les ÉLÈVES se baignent dans le lac près du campement. Sur la rive, MADAME LAFLEUR rejoint MYLÈNE, qui est assise par terre.


MADAME LAFLEUR

(S'assoyant)

Tu te baignes pas, Mylène?


MYLÈNE

J'ai fait un mauvais rêve,

hier soir.


MADAME LAFLEUR

Ah... Tu veux me le décrire?


MYLÈNE

J'ai vu le grand pin tomber

et mourir dans le lac

de la montagne. L'eau

s'est transformée en sang.


MADAME LAFLEUR

Hum! L'eau, c'est le sang

de la mère terre. Toute

la création dépend de l'eau.


MYLÈNE

Ma grand-mère métisse dit

que l'eau est porteuse de vie.


MADAME LAFLEUR

Oui, elle voyage

dans les racines jusqu'au sommet

des plantes, comme le sang

dans ton corps. Les arbres sont

les poumons de la mère terre.


MADAME LAFLEUR prend une grande respiration.


MYLÈNE

Les hautes herbes

sont ses cheveux.


MADAME LAFLEUR

En effet!


MYLÈNE

Pourquoi j'ai eu ce cauchemar?


MADAME LAFLEUR

Ah, les ancêtres t'ont envoyé

ce rêve. Ils veulent

t'encourager à devenir

protectrice de l'environnement

et de l'eau.


MYLÈNE

Les gens doivent penser

que si terre mère est détruite,

on pourra juste déménager

une autre planète.


MADAME LAFLEUR

L'univers est grand, mais il y

a qu'une seule Terre. C'est pour

ça que nous devons la protéger,

comme si c'était ta propre mère.


MYLÈNE

Protéger terre mère,

c'est une grosse job, ça!


MADAME LAFLEUR

Rien t'oblige à faire ça toute

seule. On va en reparler demain,

à l'école.


MYLÈNE se lève et rejoint VICTOR et ISAAC dans l'eau du lac. Ils s'éclaboussent en riant.


Un peu plus tard, les ÉLÈVES sont à bord de l'autobus avec MADAME LAFLEUR, et quittent le campement.


MADAME LAFLEUR

Alors, qu'est-ce qui vous a le

plus frappés de notre excursion?


MYLÈNE

(Levant la main)

Les gens oublient

leurs responsabilités

envers terre mère.


ISAAC

(Levant la main)

Si on fait de la coupe à blanc

comme on a vu, la forêt

va-t-elle survivre?


MADAME LAFLEUR

Hum, pas si on replante pas les

arbres. La coupe à blanc n'est

pas écologiquement durable.


MYLÈNE

Qu'est-ce que nous, on peut

faire? On est juste des enfants.


VICTOR

On peut tous agir!

Comme on a fait dans la montagne

en ramassant les déchets.


ISAAC

On pourrait peut-être faire une

collecte de fonds pour acheter

des pousses-arbres

et les planter!


MYLÈNE

On pourrait approcher la Ville

et lui demander d'acheter le

terrain vide à côté de l'école.

On pourrait planter nos arbres

pour en faire un parc!


VICTOR et ISAAC s'exclament avec enthousiasme.


ISAAC

On devrait former un groupe.


MYLÈNE

(Se levant)

Je propose qu'on se nomme

«Les protecteurs de terre mère.»


MADAME LAFLEUR

Bravo! Vos idées sont

excellentes. Après l'heure

du dîner, on va dresser

une liste des choses à faire.


MYLÈNE sourit avec excitation.


NARRATRICE

Les protecteurs de

terre fêtent le Jour de la terre

en plantant leurs premiers

arbres.


Un autre jour, dans un terrain vide bordant la forêt, ISAAC et MYLÈNE plantent des jeunes pousses d'arbres. VICTOR les prend en photos.


NARRATRICE

Quand ils seront grands,

leurs arbres le seront aussi.


Générique de fermeture

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