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Vidéo transcription

Survivre en agriculture: deux visions, une cohabitation

En Ontario, la tendance en agriculture est de toujours être plus gros. Mais certains fermiers veulent faire les choses autrement, misant sur une culture à plus petite échelle et à valeur ajoutée. Comment se vit cette cohabitation entre les petits joueurs et les mastodontes? On vous amène à Cache Bay, dans le nord de la province, où deux fermes voisines à l’approche bien différente ont réussi à trouver un terrain d’entente.



Réalisateur: Andréanne Baribeau
Année de production: 2019

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Tout au cours du reportage, les entrevues avec les agriculteurs sont entrecoupées d'images de leurs cultures et de leurs tâches quotidiennes.


ANDRÉANNE BARIBEAU] [Narratrice

Quand

on pense à l'agriculture en

Ontario, on pense tout de suite

au sud-ouest ou même à l'est

de la province. Mais nous voici

À Cache Bay, un petit village

situé à environ une heure

de route de Sudbury.

Et dans cette région du nord,

on vit au rythme des récoltes.


Une carte de l'Ontario apparaît, situant Cache Bay par rapport à Sudbury, puis le panneau de Cache Bay est montré. On peut y lire le slogan: «Joie de vivre».


Devant sa maison, ISABELLE SPENCE-LEGAULT, une copropriétaire de la ferme « J'me champ bien», témoigne.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Je dirais que la majorité

de la superficie utilisée

en agriculture est faite pour la

grosse culture. Donc, les champs

de canola, de maïs, de soja.


Une machine agricole passe devant une rangée de silos. On suit ensuite HUBERT BEAUDRY, le propriétaire des fermes «Blue Acres Farms», au volant de son tracteur.


ANDRÉANNE BARIBEAU] [Narratrice

En Ontario, la taille moyenne

d'une exploitation agricole

est de 249 acres. Et ici,

comme ailleurs au pays,

la tendance est à l'expansion.

Pour survivre, il faut

être de plus en plus gros.


Dans une énorme grange avec une pyramide de balles de foin, HUBERT BEAUDRY témoigne.


HUBERT BEAUDRY

Déjà, on avait 300 producteurs

dans la région. Maintenant,

on est rendus peut-être

une cinquantaine. À un moment

donné, faut que t'achètes

ton voisin ou tu vas ailleurs.


Au milieu de petits terrains, plusieurs serres sont installées.


ANDRÉANNE BARIBEAU] [Narratrice

Mais au milieu de ces grandes

cultures, on commence à voir

l'émergence de plus petits

joueurs, qui misent sur une tout

autre structure commerciale.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Chaque geste qu'on pose ici

est vraiment basé sur cette

optique-là: est-ce que ça vient

nuire à notre environnement

ou à notre communauté ou

est-ce que ça vient rajouter?


Dans une des serres, ISABELLE SPENCE-LEGAULT cueille des plantes.


ANDRÉANNE BARIBEAU] [Narratrice

Voici l'histoire de deux

voisins, deux agriculteurs

à l'approche bien différente

qui réussissent malgré tout

à trouver un terrain d'entente.


Titre :
ONFR+ Société


HUBERT BEAUDRY arrive en moto au milieu de vastes champs et examine les cultures.


HUBERT BEAUDRY

Je m'appelle Hubert Beaudry,

j'ai 41 ans. Je gère une ferme

de grande culture,

environ 1600 acres.

On est une ferme de sept

rotations, dont le foin,

l'orge, l'avoine, le blé,

le canola et le lin et le soja.

La grande culture, c'est

vraiment la façon de cultiver

du grain en ayant des petites

marges de profit. Ça finit que

c'est du volume. Fait qu'on

parle d'une couple de cennes

la livre, là. Ça prend pas,

là, 1000 acres pour faire

1 livre. Ça peut faire 1 livre

sur 300 acres.

(Riant)

Mais c'est plus

facile si t'as 1000 acres.


Dans son atelier, HUBERT BEAUDRY répare lui-même son équipement agricole. Il utilise une machine électrique pour travailler sur la chenille d'une pelleteuse.


HUBERT BEAUDRY

Dans le nord ici, on a presque

pas de support mécaniquement, en

fait de vendeurs d'équipements.

Ils sont souvent loin.

Machinerie neuve, très gros

investissement. Ma philosophie,

c'est que j'achète la machine

un peu plus vieille, que je

peux encore réparer. Mais ça

tombe encore sur mon épaule

de faire certain que

la maintenance est faite.


Des images des silos et des champs d'HUBERT BEAUDRY défilent.


HUBERT BEAUDRY

Plus que t'as du terrain, plus

facile que c'est à faire des

profits avec le même équipement.

Ça a ses limites, parce qu'à

un moment donné, les voisins ont

tous leurs terres et puis, après

ça, tu ne peux plus grandir.

On est notre propre ennemi

parce que plus qu'on vient

concentré, moins d'aide qu'on a.

Alors, c'est pour ça maintenant

le mouvement des plus petites

fermes, à petite échelle. Eux

autres, ils vendent directement

au consommateur, avec des

marges pas mal plus élevées.


Dans une serre, ISABELLE SPENCE-LEGAULT et un homme examinent des plants de tomates.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

(S'adressant à l'homme)

Oui. Je pense que

c'était elle aussi.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Je m'appelle Isabelle

Spence-Legault

et puis j'ai 34 ans.

Donc, ici, on fait une... Bien,

c'est un jardin maraîcher. On a

46 différents légumes, et puis la

vaste majorité de ces légumes-là

sont visés pour un programme

d'ASC, c'est «agriculture

soutenue par la communauté».

Donc, c'est des abonnements

que les gens font en début

de saison. En échange,

ils reçoivent des légumes

frais à toutes les semaines

pour la saison estivale.


Debouts dans un champ, ISABELLE SPENCE-LEGAULT et HUBERT BEAUDRY discutent.


HUBERT BEAUDRY

(S'adressant à ISABELLE SPENCE-LEGAULT)

Parce que c'était

frais au printemps.

Elles sont plus courtes,

mais ils vont rattraper.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Notre voisin Hubert,

ce qu'il fait, c'est différent,

dans le sens que lui...

(Riant)

Il a des acres, puis des acres,

puis des acres à couvrir.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT et un homme cueillent des plantes et remplissent des caisses de tomates.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Nous, on cultive seulement

environ 4,5 acres de superficie.

On a 135 familles qu'on

nourrit pendant l'été.

On se dit qu'on est au-delà

du bio. Donc, on utilise aucun

pesticide, même pas ceux qui

sont approuvés pour biologique.


Accroché à un mur de la ferme, un panneau en anglais indique: «Farmer-Researcher with EFA, Ecological Farmers Association of Ontario».


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

C'est absolument plus difficile

que les gens le pensent, et puis

la preuve, c'est qu'à tous

les ans, on a des gens vraiment,

vraiment excités qui viennent

travailler sur la ferme,

et puis ils me disent toujours

la même chose: «Comment vous

le faites?» Puis, ils partent.

C'est sûr et certain que

ça demande des sacrifices.

Si quelqu'un est malade,

moi, faut quand même que

je fasse la cueillette.

Si, disons, il y a des coupures

dans la fonction publique

à l'échelle provinciale, nous,

on a plusieurs clients qui

travaillent à la fonction

publique. Est-ce qu'on va

être encore leur priorité?

Donc, c'est le genre

de choses comme ça qui a

vraiment un impact majeur

sur la rentabilité de la ferme.


Sur le bord d'une route, un panneau en anglais avec un dessin de vélo indique: «Field Good Farms.»


HUBERT BEAUDRY poursuit son entrevue.


HUBERT BEAUDRY

On est voisins, fait que

je les vois à tous les jours.

Je passe devant leur ferme, en

tracteur cabine air climatisé,

puis je les regarde à quatre

pattes en train de tirer les

mauvaises herbes à 32 degrés,

au gros soleil, de 6h

le matin à 10h le soir.

Au tout début, je pense que

beaucoup de, je dirais, comme

les producteurs traditionnels,

tu sais, tu regardes qu'est-ce

qu'ils font. Ah, une serre. On

connaît pas ça, c'est différent.

On voit le succès. Ça continue

chaque année, ils agrandissent

chaque année. Ils sont

très respectés. Moi, je

les respecte absolument.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Ça se vit assez bien au

quotidien, la cohabitation les

deux. Moi, je trouve ça le fun

quand on est dans le champ, puis

on a travaillé, puis on le voit

passer sur le tracteur, on se

dit toujours bonjour. Il vient

apporter des balles de foin de

temps à autre. Tout ce qui est

notre ail, c'est tout fait

avec son foin. Et puis on peut

faire des échanges. C'est

vraiment le fun. On lui a

déjà donné de l'ail, puis...


ISABELLE SPENCE-LEGAULT éclate de rire.


HUBERT BEAUDRY poursuit son entrevue.


HUBERT BEAUDRY

Puis eux autres sont

production biologique. Moi,

production conventionnelle.

Alors, j'utilise des pesticides.

Faut que je fasse vraiment

certain que j'affecte pas

leurs productions de l'autre

bord du chemin. Une seule petite

gouttelette d'herbicide ou

quelque chose de même pourrait

détruire une récolte complète

pour eux autres. Fait que c'est

vraiment la communication.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Je dirais que l'ajustement qui

s'est fait au fil du temps est

vraiment plus chez moi, comme

dans ma tête. On est vraiment

devenus des fermiers parce qu'on

était activistes, puis je

voulais pas juste marcher à

Montréal avec une pancarte, là.

Fallait que je fasse quelque

chose pour essayer d'aider au

système alimentaire. Donc, quand

je suis arrivée, c'est sûr que

je me disais: Ah, qu'est-ce

qu'ils font encore? Tu sais,

c'est pas la manière de le

faire, puis tout ça. Fallait que

je reconnaisse qu'il y a une

place pour ça, puis peut-être

que c'est nécessaire

qu'on passe à travers de ça

pour «transitionner»

envers quelque chose d'autre.


HUBERT BEAUDRY se rend dans une coopérative agricole avec de grands silos. Il entre dans une pièce désignée comme le «Feed Mill Office».


HUBERT BEAUDRY poursuit son entrevue.


HUBERT BEAUDRY

On entend parler des OGM.

Je sais qu'il y a beaucoup

de différentes opinions sur

le sujet, mais ça fonctionne. La

Terre a une population de sept

«billions», puis ils disent

que ça va à neuf «billions»

dans les prochains 30 ans.

Chaque année, on perd les

terres agricoles. Les villes

grandissent, faut nourrir tout

ce monde-là sur moins d'acres.

Fait qu'il faut rentabiliser

nos «acrages» pour sortir

davantage plus de rendements.

Et puis je pense que la

seule façon de le faire,

c'est avec la technologie.


Dans une cuisine, ISABELLE SPENCE-LEGAULT et un homme cuisinent.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

Moi, dans mon idéal, ça serait

que tout le monde prend part à leur

alimentation. Si chaque individu

sur la planète avait un potager

de comme 2 x 2, ça couperait

le besoin de «cultivation»

d'une grosse proportion.


Une famille avec des enfants est réunie à table pour manger. HUBERT BEAUDRY est parmi eux.


ENFANT

Riant

On vient d'arriver, là!


ISABELLE SPENCE-LEGAULT poursuit son entrevue.


ISABELLE SPENCE-LEGAULT

D'un point de vue écologique,

on est beaucoup moins écolo

que quelqu'un qui irait juste

le chercher dans son jardin.

Fait que moi, dans un monde

idéal, ça serait que les gens

en fassent de plus en plus

de cette «cultivation-là»,

puis nous, on vient

juste remplir les trous.


Dans la cuisine d'ISABELLE SPENCE-LEGAULT, une autre famille avec des enfants est réunie pour manger avec eux.


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