Image univers ONFR Image univers ONFR

ONFR

Restez à l'affût des dossiers chauds à Queen's Park et dans la francophonie ontarienne et canadienne.

Partager

Vidéo transcription

"Francophones en Flandre: entre conflit et politique

Dans la région flamande de la Belgique, la langue de la majorité est le néerlandais. Il y existe toutefois des communautés où l’accès aux français est protégé, mais certains groupes anti-francophones acceptent mal cette réalité. Le journaliste Étienne Fortin-Gauthier s’est rendu dans ces communes pour tenter de comprendre ce qui se cache derrière ce conflit linguistique.



Réalisateurs: Etienne Fortin-Gauthier, Andréanne Baribeau
Année de production: 2019

Accessibilité
Déterminer le comportement de la visionnneuse vidéo:

video_transcript_title-fr

Des images de la Belgique sont présentées successivement. ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER, dont l'adresse Twitter est «@EtienneFG», marche dans la rue et s'adresse au public de l'émission.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

En Belgique, il y a

une minorité francophone

qui vit en Flandre et,

en théorie, elle a droit

à des services en français.

Il y a des politiciens et

des militants anti-francophones

qui ne l'entendent pas ainsi

et qui font la vie dure

aux francophones.


Titre :
ONFR+ Nomade


Une carte géographique de la Belgique est présentée. Flandre et Wallonie y sont indiquées, ainsi que Bruxelles.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

C'est en 1962 que la frontière

linguistique va voir le jour

en Belgique. Le néerlandais

est la langue unique en Flandre,

le français, la langue

de la Wallonie.

Bruxelles, la capitale,

est pour sa part bilingue.

Mais une exception est prévue.

27 municipalités devront

offrir des services dans

la langue de la minorité,

comme des écoles, par exemple.

Ce sont les communes à facilités

et 12 d'entre elles sont situées

en Flandre pour répondre

aux besoins des francophones.


Sur la carte, les municipalités sont identifiées, surtout à la frontière des deux régions et autour de Bruxelles.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Mais plusieurs leaders

politiques flamands pensaient

que ce modèle-là était seulement

temporaire pour permettre

aux francophones de s'assimiler.

C'est l'opinion de la N-VA,

un puissant parti politique

nationaliste flamand.


Dans un bureau, INEZ DE CONINCK, députée fédérale N-VA, est interviewée.


INEZ DE CONINCK

L'idée, au début, c'était les

communes à facilités, c'est un

principe qui va diminuer et les

facilités pour les francophones

vont aider pour les

francophones pour s'intégrer,

pour devenir aussi flamands,

mais ça, on a pas réussi.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

La N-VA veut-elle

l'élimination pure

et simple des communes

francophones à facilités?


INEZ DE CONINCK

Ce serait idéal, mais

je crois que c'est pas réaliste.

C'est important d'avoir des

règles, des lois très claires.


Marchant dans une rue belge, ÉTIENNE s'adresse au public de l'émission.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Mais la vie dans certaines

communes à facilités est pas

nécessairement simple. Il y en a

certaines qui ont été prises

pour cible par des groupes

anti-francophones flamands.

Et d'ailleurs, ce qui marque le

plus lorsqu'on visite certaines

de ces communes, c'est de voir

tous ces panneaux bilingues

qui ont été vandalisés. On a

simplement, avec de la peinture,

retiré la présence du français.


Des panneaux bilingues vandalisés sont présentés successivement.


Dans la rue, ÉTIENNE interviewe des passants à la manière d'un micro-trottoir.


PASSANTE

Oui, à certains moments, il y

a le sentiment anti-francophone,

parce que, justement,

on vient taguer les panneaux.


PASSANT 1

Il y a ce qu'on appelle

des flamingants.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Qu'est-ce que c'est?


PASSANT 1

Les flamingants qui ne veulent

vivre qu'avec le flamand,

le néerlandais. Ils refusent

de contacter ou d'avoir des

relations avec les francophones.


PASSANT 2

Au début, ça allait bien.

Il y avait moins de conflits

que maintenant.

Maintenant, il y a un peu

plus de groupes politiques

qui sont derrière et tout ça.


Des panneaux de villes flamandes sont présentés.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

L'an dernier, le conflit

linguistique a connu un autre

chapitre. La N-VA a bloqué

pendant plusieurs semaines

la nomination de quatre

maires francophones,

car ils avaient

envoyé des documents

électoraux en français.


Dans un bureau, ÉTIENNE interviewe ALEXIS CALMEYN, bourgmestre de Drogenbos.


ALEXIS CALMEYN

Toutes nos communes

à facilités sont habitées

par, majoritairement,

des francophones. Par exemple,

Drogenbos, on a plus de 85%

de francophones. Les facilités,

c'est une grande richesse.

De pouvoir offrir un service

aux francophones habitant

en Flandre de pouvoir recevoir

les documents en français.

Mais ça ne plaît pas évidemment

à la N-VA qui est, je veux dire,

très, très extrémiste flamand.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Dans une commune à facilités,

pour recevoir ses services

en français, un citoyen doit

d'abord en faire la demande. Le

bourgmestre de Drogenbos admet

que les communes à facilités

paient une facture salée

en traduction, mais il défend

quand même leur existence.


ALEXIS CALMEYN

Donc, ces communes

à facilités, c'est quelque chose

qui est un acquis. Pour nous,

c'est super important parce

que, voilà, nos habitants

néerlandophones et francophones

s'entendent très, très bien

entre eux. Le problème

linguistique, il est créé

par quoi? Par ce stress créé

par ce gouvernement flamand.


Des images de villes flamandes sont présentées.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

Pour avoir une perspective

différente, je me rends

au bureau de la RTBF,

les médias publics francophones

de Belgique. Le journaliste

Baptiste Hupin couvre ces

enjeux depuis deux décennies.

«Il est faux de penser que

la vie d'une commune à facilités

est seulement en français»,

m'explique le journaliste.


Dans un studio du RTBF, BAPTISTE HUPIN, journaliste politique, est interviewé.


BAPTISTE HUPIN

Le gouvernement flamand

a imposé l'utilisation du

néerlandais dans les conseils

communaux, même si, bien,

une grande majorité

des conseillers communaux,

donc des représentants de la

population sont francophones.

Ils doivent tenir

des réunions en néerlandais.

Ça donne parfois lieu à des

situations un peu absurdes.


Des images de la Belgique sont présentées successivement.


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER (Narrateur)

En entrevue, la N-VA m'a, par

contre, sorti un autre argument.

On m'a martelé que le combat

flamand contre le français est

peut-être pas mal similaire

à la défense du français

face à l'anglais chez nous

et que les francophones

du Canada devraient soutenir

la Flandre dans la défense

de son identité.


INEZ DE CONINCK

Quand on compare avec

le Canada et avec le Québec,

les Flamands en Flandre, c'est

un peu les Français au Québec,

parce qu'on se sent dans

la minorité, on se sent

un peu menacés comme Flamands

que notre langue va disparaître.


Dans la rue, ÉTIENNE s'adresse au public de l'émission


ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER

Mais il faut dire que dans

les communes à facilités, les

relations entre néerlandophones

et francophones sont assez

bonnes au quotidien.

Ce qui fait dire à certains

que cette guerre linguistique

est peut-être parfois alimentée

par opportunisme par des élus

qui veulent simplement marquer

quelques points politiques.


Texte narratif :
Prochain épisode La France


Générique de fermeture

Épisodes de ONFR

>Choisissez une option de filtrage par âge, fiction, ou saison

  • Catégorie Saison
  • Catégorie Reportage

Résultats filtrés par