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Subito Texto

Maude, Jennifer, Mélanie, Vincent et Sami, vivent leurs premiers moments au secondaire. Ensemble, ils tentent d'apprivoiser cet univers inconnu, mais débordant de promesses... et d'inquiétudes!

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À l'imposture

Maude reçoit sa première critique pour son roman. Cyprien Poulin vient d´en publier un extrait sur le site web de la revue Chouille et c´est pas joli à voir. Maude est dévastée Brandon-Lee refuse de laisser Maude s´écraser et l´aide du mieux qu´il peut à se préparer mais lors du débat, alors que Nicole intervient pour la énième fois en défendant « Tu ne rêves pas, Mia » Cyprien saute à la conclusion que la prof de français est la véritable auteur du livre !



Réalisateur: Stephan Joly
Acteurs: Aurélia Arandi - Longpré, Émilie Bierre, Charles-Émile Lafleur
Année de production: 2015

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VIDÉO TRANSCRIPTION

Générique d’ouverture


Titre :
Subito texto


Dans le local du journal, MAUDE et BRANDON-LEE discutent d’un travail qu’ils doivent faire en équipe.


MAUDE

Et dans la conclusion,

on explique pourquoi on pense

que Atatuk est un pilier

de la littérature québécoise.


BRANDON-LEE

(Consultant son téléphone cellulaire)

Pfft!


MAUDE

Quoi?


BRANDON-LEE

On est sûrs de ça?


MAUDE

Bien... pas mal, oui.

Si t’avais pas passé

la dernière demi-heure

à niaiser sur ton cell aussi...


BRANDON-LEE

Je niaisais pas,

je faisais de la recherche.


MAUDE

Ah! Bien oui,

de la recherche...


BRANDON-LEE

Je suis sur le site

de Chouille,

la revue littéraire branchée.

Je vais certainement pas là

pour me divertir.


MAUDE

Ha! Tu trouveras rien

sur Atatuk,

ç’a été écrit il y a 60 ans.

C’est d’ailleurs pour ça

qu’on peut dire

que c’est un des piliers

de la littérature québécoise!


BRANDON-LEE

Sur Atatuk peut-être,

mais sur

Tu ne rêves pas, Mia!,

par exemple...


MAUDE

Non!


BRANDON-LEE

Ouais! T’as une critique

dans la rubrique

de Cyprien Jasmin.


MAUDE

Hein?

Il est venu à mon lancement et

il m’a dit qu’il allait le lire.

Mais je pensais jamais

qu’il ferait ça aussi vite!


MAUDE allume son ordinateur et s’apprête à aller lire la critique.


BRANDON-LEE

(Intervenant)

Ouais, mais...

la revue sort demain.

C’est juste un extrait

de la critique,

ça vaut vraiment pas

la peine d’aller lire.


MAUDE

Non, il faut que je la lise;

sinon, je serai pas capable

de penser à autre chose.


BRANDON-LEE

OK, mais dis-moi

que tu vas pas pleurer...


MAUDE commence à lire la critique de son livre.


NADYA est à son casier. Elle ouvre son sac à lunch et y trouve un cœur en papier qu’elle cache aussitôt. GAÏA, qui partage son casier avec elle, vient la rejoindre et prend son sac à lunch.


NADYA

Euh... woh!

C’est quoi, ça?


GAÏA

Bien, ma boîte à lunch.

Tu te souviens pas?

Je l’avais l’année dernière.


NADYA

L’année dernière,

quand on était au primaire?


GAÏA

Oui...


NADYA

OK.

Là, Gaïa,

il va vraiment falloir

que tu te débarrasses de ça.


GAÏA

C’est parce que mon sac

à lunch est au lavage.

Ma soupe a coulé hier.

Donc, ce matin, j’avais pas

vraiment le choix.


NADYA

Non, non.

Si quelqu’un te voit avec ça,

on va se faire niaiser à mort.


GAÏA

T’exagères.


NADYA

J’exagère...


GAÏA

(Chantant)

♪♪ Bonjour, c’est un bonjour ♪

♪ Kumbaya et ses amis ♪

♪ Toujours à la bonne heure,

toujours de bonne humeur ♪♪


NADYA

Oui. OK, j’avoue que ça fait

un peu bébé.


GAÏA

Ha! Oui, en effet.


NADYA ouvre le sac à lunch et donne le contenu à GAÏA.


NADYA

Bon! Euh....

Prends ça...

Prends tes affaires.


Pendant ce temps, MAUDE continue de lire la critique de son livre.


MAUDE

"Tu ne rêves pas, Mia! est,

comme on peut s’y attendre,

un véritable petit cauchemar

de lieux communs,

de syntaxe approximative

et de bons sentiments

primaires et ineptes."


BRANDON-LEE

Ah! Je sais même pas

ce que ça veut dire.


MAUDE

(Triste)

En gros, si on résume,

ça veut dire qu’il a

vraiment pas aimé ça.


BRANDON-LEE

OK. Ça, j’avais compris. Mais

c’est quoi qu’il y a de mauvais?

C’est quoi, ça,

un sentiment primate?


MAUDE

Hé, il a rien aimé!

Il dit que: "Même l’illustration

de couverture

est mièvre et redondante."


MAUDE referme son ordinateur.


BRANDON-LEE

Ça va?

Atatuk?


MAUDE

Atatuk...


BRANDON-LEE

OK, il faut que je te le dise,

Maude, tu m’impressionnes.

Je te trouve

vraiment forte, hein!

Moi, si quelqu’un m’avait dit

que j’étais un gros cliché,

tu pourrais être sûre que je

l’aurais pas pris aussi bien.

Bravo!


MAUDE se met à pleurer.


Pendant ce temps, NADYA continue de donner des indications à GAÏA.


NADYA

Si tu pouvais te débarrasser

de ça d’ici la fin de l’année,

ça serait une bonne affaire!


GAÏA

OK, je vais aller la mettre

aux objets perdus

avant de rentrer

à la maison.


NADYA

Parfait! Et je jure

solennellement de jamais dire

à personne que... tu tripes

encore sur L’ours Kumbaya.


GAÏA

Ha! ha!

Bon! Je vais mettre

une partie

de mes affaires

dans ton sac.


GAÏA ouvre le sac de NADYA pour y mettre ses affaires.


NADYA

Euh... Regarde,

laisse-moi faire.

Je vais...


GAÏA

Est-ce que c’est...

une carte en forme de cœur?


NADYA

Non.


GAÏA

Bien...

C’est quoi, d’abord?


NADYA

Pas important. Bon!

Il faut qu’on se grouille

si on veut

avoir des places sur le divan.


GAÏA

Come on, Nadya! Tu vas même

pas me dire ça vient de qui?


NADYA

C’est personne, là!


GAÏA

Ah! Mais là! Tu sais

que tu peux me faire confiance?

Je suis une vraie

tombe à secrets.

Tu peux même aller demander

à ma sœur,

je dis absolument rien

à personne. Jamais.


NADYA

C’est pas que je te fais pas

confiance, c’est juste...

Regarde, là, c’est personnel,

c’est tout. Ha!


NADYA et GAÏA poursuivent la conversation en marchant dans le corridor.


GAÏA

De toute manière,

je pense que je suis capable

de deviner

sans que tu le dises.

Contrairement à ce que t’as

l’air de penser,

je n’ai plus six ans et demi.


NADYA

Non, mais j’ai jamais

dit ça, hein.


GAÏA

Je suis pas

complètement naïve.

Une carte en forme de cœur

que tu veux pas me montrer...

c’est clair que tu vois

un gars en cachette!


Au local du journal, MAUDE cesse de pleurer au bout d’un moment.


MAUDE

Ça va, là,

je vais être correcte.


BRANDON-LEE offre à MAUDE une pile de papiers bruns pour qu’elle essuie ses larmes.


BRANDON-LEE

T’es sûre?


MAUDE

Hum...


BRANDON-LEE

Parce que j’en ai d’autres

si t’as besoin.

(Montrant un rouleau de papier)

Personne lit ça, les critiques,

de toute manière.

Puis, même si quelqu’un lit ça,

cette critique-là est

particulièrement "oubliable".


MAUDE

Complètement.


BRANDON-LEE

Non, mais c’est vrai.

Cyprien Jasmin!

C’est qui, ce loser-là?


MAUDE

Il est super connu.

T’aurais dû voir

Mme Préfontaine

quand elle l’a rencontré

au lancement.

Elle était tellement éblouie

qu’elle bavait presque.


BRANDON-LEE

OK, Mme Préfontaine

était impressionnée.

Mais n’importe qui

avec un peu de bon sens

va se rendre compte

que ce gars-là,

c’est un pas d’allure.


MME PRÉFONTAINE entre alors dans le local du journal.


MME PRÉFONTAINE

Maude! J’ai une surprise

pour toi.

Oh! Est-ce qu’il y a

quelque chose qui va pas?


BRANDON-LEE

Non, c’est réglé.

C’est juste que...

Atatuk, ça vient

tellement la chercher!


MME PRÉFONTAINE

Vraiment?


MAUDE

Une surprise?


MME PRÉFONTAINE

Tu te souviens

que Cyprien Jasmin

avait promis de lire ton roman?

Alors, j’ai pris l’initiative

de l’inviter à l’école

pour une rencontre

cet après-midi

entre le public,

l’auteure et...

le... critique!


MME PRÉFONTAINE fait entrer CYPRIEN JASMIN dans le local du journal, ce qui cause un malaise généralisé, sauf pour MME PRÉFONTAINE.


De leur côté, GAÏA et NADYA arrivent au salon étudiant.


GAÏA

Dis-moi au moins

s’il est à l’école.


NADYA

T’es fatigante, là,

mais... oui.


GAÏA

Dans notre année?


NADYA

Ark, non!


GAÏA

Donc, plus vieux?

Combien de plus vieux? Un an?

Deux?

Trois?

Non, pas...

Tu sors

avec un gars de 17 ans?

Oh! Depuis combien de temps?

S’il te plaît! Dis-moi juste

depuis combien de temps.

Après, je ne te demande

plus rien!


NADYA

Tu sais, Gaïa,

rendu au secondaire,

on ne calcule plus vraiment

ces affaires-là, hein!


GAÏA

Hein?

Tu ne t’en souviens plus?

Ça fait si longtemps que ça?


NADYA

Non, non!

C’est juste que...

c’est pas toujours clair

ça fait combien de temps.


GAÏA

OK, mais depuis

combien de temps

tu reçois

des lettres, d’abord?


NADYA

Euh... c’est à peu près

une lettre par semaine,

ça fait que...


NADYA sort plusieurs lettres en forme de cœur de son sac.


GAÏA

(Impressionnée)

Woh...


FATIMA entre dans le salon étudiant à ce moment.


FATIMA

Ah, habibti!


NADYA

(Surprise)

Maman?


FATIMA

Tu peux me passer

un coussin, Didi?

On a un critique littéraire

qui vient à la bibliothèque

et semblerait-il

que nos chaises

ne soient pas assez

confortables! Ha! ha!

Ah! Merci, Gaïa!

(Apercevant les cartes)

Oh...

Dis-moi pas

que tu les as toutes gardées!

Comme c’est mignon!

Ha! ha! ha! Ah!

Ah! Ah!


Quelques instants plus tard, MME PRÉFONTAINE revient voir MAUDE dans le local du journal étudiant.


MME PRÉFONTAINE

Maude, peux-tu m’expliquer

ce qui vient de se passer

avec M. Jasmin?

T’étais plus polie que ça

au lancement avec lui.

Et moi, j’ai déployé

beaucoup d’efforts

pour le faire venir ici.


BRANDON-LEE

Il se passe que ce critique-là

écrit les pires cochonneries.


MME PRÉFONTAINE

Bien voyons, Brandon-Lee!

M. Jasmin, c’est un critique

reconnu, là! Un peu de respect.


BRANDON-LEE donne son téléphone à MME PRÉFONTAINE qui commence à lire la critique.


MME PRÉFONTAINE

"Un cauchemar indigeste."

Mais c’est quoi, ça?


MAUDE

Oui, et ça devient

pas plus gentil.


BRANDON-LEE

Je comprends même pas comment

il a pu oser se montrer la face

à l’école après une critique de même.


MAUDE

Peut-être qu’il sait pas

que le site Web publie

des extraits avant que

le magazine sorte en kiosque.


MME PRÉFONTAINE

Oh... Je sais ce que c’est

que d’avoir

des mauvaises critiques...

Juste à imaginer à quel point

ç’a dû de te meurtrir!

Ah! J’ai juste envie de...


MAUDE

"... mourir roulée en boule

dans un petit coin."


MME PRÉFONTAINE

Ah, pauvre Maude!

Mais... on lui laissera pas

la chance

d’empoisonner tout le monde

avec son venin.

Je vais tout de suite

aller lui dire

qu’il peut rentrer chez lui!


BRANDON-LEE

C’est tout?

Vous allez le laisser

s’en sortir de même?


MAUDE

Mais qu’est-ce que tu veux

faire de plus?


BRANDON-LEE

Bien là, c’est comme si

vous lui donniez raison.


MME PRÉFONTAINE

Mais pas du tout!


BRANDON-LEE

Son roman est super bon!


MME PRÉFONTAINE

Bien là, ça,

on le sait tous!


BRANDON-LEE

Hé, je l’ai lu au complet

sans sauter de page.

Il faut qu’elle riposte;

il faut qu’elle saute

sur la patinoire et qu’elle

le remette à sa place.

Maude, il faut

que tu te défendes.


MAUDE

Ah... Je suis pas capable,

pas aujourd’hui.


BRANDON-LEE

Mais c’est pas compliqué,

c’est comme au hockey!

Je vais te montrer

comment on met ça en échec,

un matamore qui veut

jouer vicieux.


MAUDE

T’as raison.

Il faut que...

que je mette mes jambières

et que je lace mes patins.


BRANDON-LEE

Oui, ça ressemble à ça!

Mais on va travailler

sur ton agressivité, hein!


Au salon étudiant, GAÏA et NADYA continuent de discuter.


NADYA

OK. Reviens-en, là!


GAÏA

C’est juste... ta mère est

tellement ouverte d’esprit!

Si c’était moi qui sortais

avec un gars de 17 ans,

ma mère serait pas si cool.


NADYA

Ah! Mais ça me surprend

moi-même, hein.


GAÏA

Comment t’as fait

pour pas qu’elle s’inquiète?

Lui as-tu présenté?


NADYA

Hum... Pas eu le choix.


GAÏA

Dis-moi juste son nom, allez!

C’est pas juste!

Ta mère a le droit

de le rencontrer

et ta meilleure amie

sait même pas son nom!


Trois garçons viennent s’asseoir en face d’elles.


NADYA

Chut!


GAÏA

Quoi?

Il est là?


NADYA

Mais non, mais...


GAÏA

Ah! C’est ses amis? Veux-tu

qu’on aille manger avec eux?


NADYA

Gaïa, je veux

qu’on arrête de parler de ça.


GAÏA

Pourquoi?


NADYA

Si ça t’intéresse autant,

t’as juste à t’en faire un chum.


GAÏA

Hein, OK! Mais il va falloir

que tu m’aides parce que

si j’ai de la misère à choisir

une boîte à lunch,

imagine un chum.


NADYA

Hum!


Pendant ce temps, MME PRÉFONTAINE fait visiter l’école à CYPRIEN JASMIN. Ils arrivent dans la salle des pas perdus.


MME PRÉFONTAINE

C’est là!


CYPRIEN JASMIN

Ah! C’est mieux,

c’est mieux.

Il y a toujours pas assez

de lumière naturelle,

mais au moins, il y a

un peu d’espace pour respirer.


MME PRÉFONTAINE

Donc, ça vous va?

On peut s’installer ici?


CYPRIEN JASMIN

Ah! Il y a tellement

de jeunes, hein?

C’est pire

qu’un centre commercial!


FATIMA

(Intervenant)

Ha! ha! ha! C’est une école

secondaire, monsieur, hein!


CYPRIEN JASMIN

Je sais pas

comment vous faites

pour supporter ça

tous les jours.

Hum...

(Regardant au plafond)

Est-ce qu’il y a moyen

d’avoir un éclairage

moins désagréable

que les gros

néons industriels?

Ah, ça y est!

Ça y est,

je sens la migraine venir...


MME PRÉFONTAINE

Ah bien... l’infirmière

est à l’école aujourd’hui.

Fatima, vous seriez gentille

d’aller lui demander

de nous fournir des analgésiques

pour M. Jasmin.


FATIMA

Ah! Avec plaisir!

Ha! ha! ha!


MME PRÉFONTAINE

Hum...


CYPRIEN JASMIN

Hum!


MME PRÉFONTAINE

Vous savez, M. Jasmin,

je crois que...

le roman de Maude

a de très belles qualités

qui vous ont peut-être échappé

à la première lecture.


CYPRIEN JASMIN

Parce que vous l’avez lu!

Ha! Évidemment.


MME PRÉFONTAINE

Mais... plusieurs fois!


CYPRIEN JASMIN

Mon Dieu, mais pourquoi?


MME PRÉFONTAINE

Pour plusieurs raisons!

Premièrement,

parce que Maude est une élève

que j’estime énormément!

Elle est à la fois talentueuse

et tenace...

Vous auriez dû la voir

lorsqu’elle est venue

me présenter

ses premières ébauches.


CYPRIEN JASMIN

Oh, misère!

Ses premières ébauches.

Je pense que j’aime mieux

pas imaginer ça.


CYPRIEN JASMIN

(Testant le son de la salle)

♪ Ah mama ma ♪


MME PRÉFONTAINE peine à contenir sa colère.


Plus tard, BRANDON-LEE vient rejoindre MAUDE dans le local du journal.


BRANDON-LEE

As-tu relu la critique?


MAUDE

Quatre fois.


BRANDON-LEE

C’est pas assez.

Lis-la jusqu’à ce que tu sois

fâchée noire.


MAUDE

Hum... Ça sert à rien.

Plus je la lis,

plus ça me déprime.


BRANDON-LEE

Il faut trouver le moyen

de changer ça.

Il y a rien qui marche

aussi bien

qu’un peu de rage

pour achever l’ennemi.


MAUDE

Mais j’ai aucun contrôle

là-dessus!

Je suis démolie,

pas enragée.


BRANDON-LEE

OK, lève-toi. Allez!

Debout.

Il faut que tu dégages

plus que ça, Maude. OK?


MAUDE se tient devant BRANDON-LEE.


BRANDON-LEE

Bon, écarte tes jambes de la

même largeur que tes épaules.

C’est ça!

Répartis ton poids également

sur tes deux jambes

et plie un peu les genoux.

Pas pire!

Bon! En allant espionner,

j’ai vu que le Cyprien allait

être assis sur un fauteuil.

Il a un coussin et tout,

il bougera pas de là.

Quand toi, t’arrives, tu dis

que tu préfères rester debout.


MAUDE

Non! Me semble que je vais

juste avoir l’air malpolie.


BRANDON-LEE

On s’en fout! L’important,

c’est que ça va le déstabiliser.

Tu vas pouvoir le regarder

de plus haut

et il va avoir l’air faible.


MAUDE

T’es sûr de ça?


BRANDON-LEE

Langage corporel, ma belle.


Un léger malaise s’installe à la suite de cette dernière réplique.


BRANDON-LEE

Euh... c’est important,

quand on fait face

à un attaquant.


MAUDE

OK, OK.

Quoi d’autre?


BRANDON-LEE

Il faut que tu grognes un peu.


MAUDE

Quoi?


BRANDON-LEE

Juste un peu, là,

tu sais. Grr!


MAUDE

Comme un animal?


BRANDON-LEE

Non.

Bien oui, mais... contrôlé.

Tu vois?


MAUDE

Non.


BRANDON-LEE

Grr! Grr!


MAUDE

Grr! Grr!


BRANDON-LEE

Excellent!


MAUDE

Hé! J’ai comme aimé ça.


BRANDON-LEE

Tu vois? Plus t’aimes ça,

mieux c’est.


Au salon étudiant, NADYA et GAÏA continuent de discuter.


NADYA

C’est comme n’importe quoi!

Il faut pas que t’aies l’air

de trop vouloir.


GAÏA

Pourquoi?


NADYA

Crois-moi sur parole:

il y a rien de moins cool

qu’une fille

qui essaie d’avoir l’air cool,

c’est la base de tout!


GAÏA

OK, puis c’est sûr que je

pourrais pas me faire de chum

si je suis pas cool?


NADYA

Ha! Non.


GAÏA

Mais, Nadya,

comment on fait, d’abord?

Mettons que je suis intéressée

à un des amis de ton chum...


NADYA

Arrête de les regarder!


GAÏA

OK.

Pas trop vouloir.

Juste ça?


NADYA

Il faut que tu montres

que t’as un peu de fierté.

T’accordes jamais ton attention

trop longtemps

et si quelqu’un te pose

une question, tu fais ça.


NADYA lève les yeux en guise d’indifférence.


GAÏA

Oui, t’as vraiment l’air d’une

fille qui veut rien savoir.


NADYA

C’est ça qui est cool, hein?


GAÏA

Je pense que finalement,

c’est pas pour moi.

Et je me trouve en masse cool

depuis que je t’ai

comme meilleure amie.


NADYA

Oui, c’est vrai que t’es cool.

Oublie ça!


GAÏA

Assez cool

pour que tu me racontes

votre premier rendez-vous?


NADYA

Gaïa, il y a jamais eu

de premier rendez-vous

et il y en a jamais eu

un deuxième non plus!


GAÏA

OK, mais tu dis

que je suis assez cool,

mais en fait,

c’est pas vrai.

Tu veux juste rien me dire

parce que j’apporte

une boîte à lunch

de L’ours Kumbaya à l’école

et je suis pas capable

de pas avoir l’air intéressée.


NADYA

Mais non!


GAÏA

Mais pourquoi, d’abord?

Je te dis absolument tout!


NADYA

Gaïa, on s’en reparle

après les cours, OK?


Pendant ce temps, MAUDE se tient debout côté de CYPRIEN JASMIN dans le cadre de la rencontre qui se déroule dans la salle des pas perdus.


CYPRIEN JASMIN

Oui, et je crois que

l’importance de la littérature

n’est jamais assez renforcée,

surtout auprès de la jeunesse

qui a, quand même,

il faut se l’avouer,

une tendance naturelle

à la paresse.


MAUDE

Mais... moi, je pense

que c’est important

d’avoir plusieurs sortes

de littérature

pour plaire à tout le monde.


CYPRIEN JASMIN

Non! La littérature,

la vraie,

peut pas plaire

à tout le monde!

Si ce que tu veux,

c’est plaire,

va faire l’actrice

à la télévision

et laisse les autres écrire.


MAUDE

Je suis

tellement pas d’accord!


CYPRIEN JASMIN

C’est parce que tu fais partie

du problème.

Regarde, c’est pas

entièrement ta faute.

Ton éditeur a manqué

de jugement.

Ton roman aurait jamais dû

être publié.


MME PRÉFONTAINE

(Intervenant)

Vous allez trop loin!

Le roman de Maude, c’est pas

une erreur de jugement!

Je crois que vous sous-estimez

la portée négative

de ce que vous avancez.


CYPRIEN JASMIN

Mais il y a pas

de portée négative.

Si on s’attarde précisément

au cas de

Tu ne rêves pas, Mia!,

je rends un service essentiel

en prévenant la population

contre la médiocrité du roman.


MME PRÉFONTAINE

En tant qu’auteure moi-même,

je peux vous certifier

qu’une critique trop dure

est rarement constructive

et ça laisse

des blessures inguérissables.


CYPRIEN JASMIN

Je vois que le sujet

vous tient à cœur.


MME PRÉFONTAINE

Mais évidemment!

Tu ne rêves pas, Mia!

est un vrai petit bijou!

Il a fallu tellement de travail,

de re-travail!

Il a fallu changer le titre

à la dernière minute!


CYPRIEN JASMIN

Vraiment?


MME PRÉFONTAINE

On s’est donné corps et âme!


CYPRIEN JASMIN

"On"!


MME PRÉFONTAINE

On était tous derrière Maude,

à l’appuyer, l’écouter, la conseiller.


CYPRIEN JASMIN

Écrire à sa place?


MAUDE

Hein? Non!


MME PRÉFONTAINE

Mais jamais!


CYPRIEN JASMIN

Je trouvais ça louche aussi.

Le roman a beau être mauvais,

il fait quand même plus

de 200 pages.

Quand on sait que les jeunes

ont de la misère à pondre

un texte de 400 mots durant

les examens de fin d’année...


MAUDE

C’est moi qui l’ai écrit!

Et j’ai pas eu d’aide, pas plus

que n’importe quel auteur!


CYPRIEN JASMIN

Permettez-moi

d’en douter sérieusement.


MME PRÉFONTAINE

Bon, ça suffit!

Je lève la séance. Je remercie

tout le monde d’être venu!

(S’adressant à CYPRIEN JASMIN)

Et vous, venez avec moi! Allez!


MME PRÉFONTAINE le prend par le bras. Plus tard, ils sont dans le bureau de MME PRÉFONTAINE qui cherche quelque chose.


CYPRIEN JASMIN

Bon! Écoutez,

j’ai pas tout l’après-midi.

Si vous avez vraiment

une preuve,

vous me l’enverrez

par courriel.


MME PRÉFONTAINE

Je l’ai!


CYPRIEN JASMIN

C’est quoi?


MME PRÉFONTAINE

C’est le manuscrit du roman

jeunesse que j’ai écrit.

En le lisant, vous allez tout

de suite voir que mon écriture

a rien à voir

avec celle de Maude.


CYPRIEN JASMIN

Vous voulez quand même pas

que je me tape ça?


MME PRÉFONTAINE

Si c’est la seule façon

de vous prouver que Maude

est vraiment l’auteure

de Tu rêves pas, Mia!,

je suis prête à affronter

votre critique.

Même si je me doute bien

que ça risque d’être douloureux.


CYPRIEN JASMIN

Ma pauvre madame! Si vous

pensez que j’ai le temps de lire

les essais littéraires

de toutes les maîtresses d’école

de la province...


MME PRÉFONTAINE

Ça, c’est la preuve--


CYPRIEN JASMIN

Ça prouve rien du tout!

Même si ça aide à établir que

c’est pas vous qui avez écrit

le roman à la place

de la petite,

ça veut pas dire que quelqu’un

d’autre l’a pas fait.


MME PRÉFONTAINE

Vous venez juste

de m’accuser personnellement.

Vous pouvez pas

refuser l’occasion-


CYPRIEN JASMIN

De risquer la mort cérébrale

par médiocrité littéraire?


MME PRÉFONTAINE

De vous rétracter

publiquement, M. Jasmin!


CYPRIEN JASMIN

(Riant)

Me rétracter, moi?

Ah! Vous êtes encore plus

à côté de la track

que vous en avez l’air,

ce qui est pas peu dire.

Hum!


Tandis que GAÏA range des choses dans son sac, FATIMA vient la rejoindre à son casier.


FATIMA

Ah! Gaïa, dis-moi!

Tu as vu Nadya?

Elle devait me rejoindre

à la bibliothèque.


GAÏA

Elle est sûrement

avec son chum.


FATIMA

Son quoi?


GAÏA

Son chum.


FATIMA

Non... C’est Nadya

qui t’a dit qu’elle avait un...?


GAÏA

Chum? Oui, je suis

sa meilleure amie

et elle peut

me faire confiance.


FATIMA

Ah non.

Ça, c’est certain.

Tu es une très bonne

petite fille, c’est certain.


GAÏA

Pas plus que les autres.


FATIMA

Pourquoi tu dis ça?


GAÏA

Moi aussi, je pourrais

me faire un chum

en claquant des doigts,

tu sais.


GAÏA roule des yeux.


FATIMA

Gaïa...


GAÏA

Quoi?


FATIMA

Depuis quand tu roules

des yeux

quand tu t’adresses comme ça

à un adulte?


GAÏA

Depuis aujourd’hui.


FATIMA

En quel honneur?


GAÏA

Je pense que j’ai besoin d’un

peu de pratique avant de pouvoir

me tenir avec les amis du chum

de Nadya sans lui faire honte.

Il y en a un, là, il a des

tattoos-


FATIMA

Bon! Maintenant,

ça suffit!

Tu vas venir m’aider

à trouver Nadya. Allez!


GAÏA

J’ai dit quelque chose

de pas correct?


FATIMA

Franchement, Gaïa,

si tu te poses la question,

c’est qu’on a

un sérieux problème, hein?

Ha! ha! Allez! Allez!


Après la rencontre, BRANDON-LEE discute avec MAUDE.


BRANDON-LEE

Non, non.

Il faut pas lâcher, OK?

Oui, on a perdu

la première manche,

mais le match est pas fini.


MAUDE

Je me suis fait ramasser,

Brandon-Lee.

Je retournerai pas demander

pour une troisième mornifle.


BRANDON-LEE

Une mornifle!

Tu vois, c’est ça, le problème.

On aurait dû miser

sur tes forces

au lieu d’y aller

avec le concret!


MAUDE

Parce que mes forces

sont pas concrètes?


BRANDON-LEE

Oh, boy! Non.


MAUDE

Je vois vraiment pas

le rapport avec le fiasco

de la journée.


BRANDON-LEE

C’est de ma faute;

si t’as gelé,

c’est parce que c’était comme

un gros exposé oral de la mort.

Toi, t’es bonne à l’écrit.


MAUDE

Hum...


BRANDON-LEE

Tu sais

que j’ai raison, là.

Regarde, va sur Twitter

et défends-toi.

Moi, je me charge

du Cyprien.


MAUDE

Tu t’en charges... comment?


BRANDON-LEE

Me fais-tu confiance?


MAUDE

Pas tant.

Bon! Au point

où j’en suis rendue...


BRANDON-LEE

Envoie, go!


BRANDON-LEE voit passer CYPRIN JASMIN dans le corridor.


BRANDON-LEE

Hé, monsieur!

Belle job

tout à l’heure, hein!

Ça fait vraiment plaisir de voir

Maude Allard-Fraser

se faire remettre à sa place,

pour une fois.


CYPRIEN JASMIN

Heureux d’avoir été

de service.


BRANDON-LEE

Moi aussi, je l’ai lu,

le roman,

et j’ai trouvé ça

exactement comme vous disiez.

Super cliché et superficiel.


CYPRIEN JASMIN

Comme tous les pseudo romans

sensément écrits

par des enfants!


BRANDON-LEE

Mais celui de Maude

est pire, non, hein?

Surtout la passe

du chien Gontrand?


CYPRIEN JASMIN

Ouais...


BRANDON-LEE

Un chien mauve qui parle;

c’est quoi, le rapport?


CYPRIEN JASMIN

En effet! Oui.


BRANDON-LEE

Puis à la fin, là,

quand le chien disparaît

et qu’on se rend compte

que finalement, c’est la

réincarnation du grand-père!


CYPRIEN JASMIN

C’est absurde.


BRANDON-LEE

Comme vous dites,

"tellement prévisible."


CYPRIEN JASMIN

Tout à fait!


BRANDON-LEE retrouve ensuite MAUDE et MME PRÉFONTAINE au local du journal.


BRANDON-LEE

Es-tu sur le compte Twitter

du Cyprien?


MAUDE

Oui...


BRANDON-LEE

Puis, lui as-tu écrit?


MAUDE

Non, pas encore.

Je vois pas ce que je pourrais

dire de plus.

Il a trouvé mon roman nul;

il changera pas d’idée!


BRANDON-LEE

Il l’a pas trouvé nul...

il l’a pas lu.


MME PRÉFONTAINE

Pardon?


BRANDON-LEE

Je suis sûr à 100 %.


MAUDE

Comment ça?


BRANDON-LEE

Pendant la rencontre,

j’ai remarqué

que toutes ses critiques

étaient super générales.

Il te reprochait rien

de vraiment précis.

Euh... "Cliché,

sentimental, ennuyeux"...

ça peut s’appliquer

pour Atatuk aussi.


MME PRÉFONTAINE

Pardon!


BRANDON-LEE

Vous allez être contente,

Mme Préfontaine,

car je me suis rappelé

de votre technique pour savoir

si on avait lu le livre

ou juste regardé le film.


MAUDE

Tu lui as posé une question

sur un truc pas rapport?


BRANDON-LEE

Je lui ai parlé du chien

Gontrand qui parle

et qui est la réincarnation

de son grand-père. Ha! ha!


MAUDE

Tu vas pas nous dire

qu’il a embarqué?


BRANDON-LEE

''Full pine'', et il était

super content de dire

qu’il avait donc

trouvé ça absurde.


MAUDE

Hein?


MME PRÉFONTAINE

Il l’a pas lu?


BRANDON-LEE

Non.


MME PRÉFONTAINE

Il a détruit un roman

publiquement et il l’a pas lu!

J’en reviens pas! C’est

tellement pas professionnel!


BRANDON-LEE

Oui, et si on joue

stratégiquement,

tout le monde va le savoir.


MAUDE

OK! Euh... il faut que je

trouve quoi dire pour le pousser

à parler de Gontrand

le chien qui parle.


BRANDON-LEE

Commence par dire

que c’est un vieux schnock

qui a pas d’imagination.


MAUDE

Hum... OK, oui.

Je vais écrire...

"Vous êtes trop vieux

pour comprendre

"la qualité

de mon univers romanesque."

Ah! Juste

pour le provoquer,

je mettrai pas de "S"

à "univers"!


BRANDON-LEE met un certain temps avant de comprendre la blague.


BRANDON-LEE

Ah oui, c’est bon!


MME PRÉFONTAINE

Bon! C’est parfait, Maude.

Là, là, il pourra pas résister.

Maintenant, c’est toi

qui le tiens.


FATIMA et GAÏA retrouvent NADYA au salon étudiant. FATIMA est en colère.


FATIMA

Didi! Ah!

Ah! C’est quoi, cette histoire

de... de chum de 17 ans?


NADYA

Euh, quelle histoire?


FATIMA

Ah non, non.

Tu m’expliques tout de suite

les inventions de Gaïa

parce que je suis à deux doigts

de m’énerver sérieusement, hein!

Des explications!


NADYA

Parle moins fort,

s’il te plaît!


FATIMA

Tout de suite! Tout de suite.

Tout de suite.


NADYA

Gaïa est tombée sur...

ma lettre

du jour 7. C’est...

(Avouant la vérité à GAÏA)

C’est des lettres que ma mère

m’écrit... pour que je passe

à travers mes deux périodes

d’anglais de l’après-midi.


FATIMA

Oui, mais encore,

mais encore.


GAÏA

C’est de ma faute.

Je pense que...

peut-être que j’ai sauté

aux mauvaises conclusions et...

et j’ai pas vraiment laissé

la chance à Nadya de m’expliquer.


FATIMA

Mais qu’est-ce que vous avez

dans la tête, vraiment?

S’inventer

des histoires pareilles,

c’est une perte

de temps inexcusable, hein!

Et puis, vous êtes trop jeunes

pour les garçons!

Vous commencerez à penser

aux garçons quand vous allez

finir l’université, compris?


NADYA

Oui, maman.


GAÏA

Oui, Mme Mazari.


FATIMA

Oui. Oui! Ah... Mais tu me

fais vieillir avant mon âge,

toi, avec ces histoires,

hein! Eh!

Eh!


FATIMA, dans tous ses états, s’en va.


GAÏA

Ça en fait au moins une.


NADYA

Une quoi?


GAÏA

Qui vieillit avant l’âge.


NADYA

Mais tu sais, je voulais

vraiment pas te faire marcher.

Je voulais juste être cool, je...


GAÏA

Quand tu vas te faire

un chum pour vrai, là,

tu vas tout me dire, hein?

Pas de secret?


NADYA

Bien, promis! Ha! ha!


GAÏA

Même si je traîne encore une

boîte à lunch de

L’ours Kumbaya?


NADYA

À 25 ans?


GAÏA

Est-ce qu’il y a

vraiment un âge

pour être toujours

de bonne humeur?


NADYA

Ha! Merci.

(Montrant son téléphone à GAÏA)

Tiens, regarde.


Au local du journal, MAUDE et BRANDON-LEE continuent leur travail d’équipe.


MAUDE

Donc, selon toi, est-ce que le

passage à l’âge adulte d’Atatuk

est clairement défini

par sa rencontre-


BRANDON-LEE

(Consultant son téléphone)

Hé, hé, hé! C’est devenu

viral, c’est officiel.

C’est même rendu

que ma grand-mère

m’a retwitté

ton échange avec Cyprien.


MAUDE

Hé! Lui, il a pas fini

d’en entendre parler!


BRANDON-LEE

Ha! ha! ha!

Il vient de se faire

coller le hashtag

"critique amer et vicieux".


MAUDE

Hon... On a presque pitié

pour lui.


BRANDON-LEE

Hé, pas une seconde.

Il aurait pu reconnaître

ses torts et s’excuser

quand tu lui as fait remarquer

qu’il y avait pas de chien

Gontrand dans ton roman.


MAUDE

Attends, est-ce qu’il continue

à en rajouter?


BRANDON-LEE

Qu’est-ce que t’en penses?

On dirait qu’il est pas capable

de s’arrêter.

Son dernier tweet était contre

les jeunes qui sont publiés

à cause de leur âge et qui ont

pas besoin d’avoir de talent.


MAUDE

Ha! ha! ha! Hé, c’est pas de

même qu’il va se faire des amis.


BRANDON-LEE

Non, mais c’est bon

pour toi.

Comme ça, tout le monde

va vouloir acheter ton roman

juste pour voir s’il y a

un chien dedans ou non.


MAUDE

Wow! Maudite bonne raison.


BRANDON-LEE

Hé, hé! Crache pas

sur le succès.

Et en attendant

Atatuk, travaille fort, je le mérite.


MAUDE

Ah!

Bien oui, OK!

Tout s’éclaire.

Je comprends maintenant pourquoi

tu tenais tant à m’aider, hein?


BRANDON-LEE

Voir si je suis aussi poche.


MAUDE

Bien là!

Pourquoi, d’abord?

Par souci de justice?


BRANDON-LEE

Oui. Puis aussi...

je supporte pas ça, moi,

une fille qui pleure.


Fin épisode


MÉLANIE

(S’adressant au public de l’émission)

Hé! Viens créer ton propre

univers de Subito texto!


L’adresse internet suivante apparaît: «tfo.org/subitotexto».


Générique de fermeture

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