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TFO 24.7

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Pour ou contre l'ajout d'un genre neutre à la langue française?

Illes, ceuses et toustes sont peut-être des pronoms que vous verrez ajoutés à votre grammaire dans les prochaines années pour définir les personnes non-binaires qui se disent sans genre. Qui sont-elles? Combien sont-elles? Et pourquoi faudrait-il adapter la langue française pour les accommoder? Alexandre Baril en connaît long sur le sujet parce qu´il est spécialiste des théories trans à l´Université d´Ottawa, mais aussi parce qu´il a lui-même vécu une transformation où le pronom il, au lieu de elle, est devenu tellement plus important. Il a accepté de répondre à ces questions.



Réalisateur: Carine Ouellet
Année de production: 2017

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ALEXANDRE BARIL, un professeur à l’école de service social de l’Université d’Ottawa, est assis à l’extérieur et répond à une série de questions.


Texte informatif :
Devrait-on ajouter un genre neutre à la langue française?


ALEXANDRE BARIL

Je crois qu’on devrait ajouter

un genre neutre à la langue

française pour inclure

les personnes non binaires

dans le genre.

Ce serait davantage inclusif

pour elle, mais davantage

inclusif également pour tout

un ensemble de personnes.

On peut penser aux personnes

transgenres, transsexuelles

qui n’aiment pas s’identifier

uniquement avec les deux

catégories qu’on connaît,

c’est-à-dire le genre masculin

ou féminin. Également pour les

personnes intersexes ou pour

des personnes qui s’identifient

comme homme et comme femme, mais

qui ne veulent pas reconduire

les stéréotypes de sexe et

de genre traditionnels. Et donc,

toutes ces personnes pourraient

bénéficier, évidemment,

d’un genre neutre dans

la langue française.


Texte informatif :
Qui sont-elles?


ALEXANDRE BARIL

On définirait les personnes

non binaires dans le genre comme

étant des personnes qui ne

s’identifient ni comme homme, ni

comme femme ou sur le spectre

sur féminin et du masculin.

Et les personnes intersexes

sont des personnes qui, à la

naissance, donc, sont nées avec

des caractéristiques sexuelles

que l’on peut difficilement

attribuer soit au sexe mâle

ou au sexe femelle en fonction

de nos catégories dominantes

des sexes biologiques.


Texte informatif :
Combien sont-elles?


ALEXANDRE BARIL

De façon générale, nos études

quantitatives en Amérique

du Nord, donc aux États-Unis,

au Canada, on parle de 0,5 %

de la population qui serait

dans le spectre trans ou

non binaire dans le genre.


Texte informatif :
Ça ressemblerait à quoi?


ALEXANDRE BARIL

En anglais, on entend souvent

la formule

«they», qui est

utilisée non pas pour référer à

plusieurs personnes, mais à une

seule personne et donc qui est

une formule neutre dans

le genre. En français,

malheureusement, on n’a pas

beaucoup d’équivalents. À tout

le moins, pas des équivalents

officiels de genre neutre.

Et donc, il y a des néologismes

qui sont créés. C’est-à-dire

des nouveaux mots, des

nouveaux pronoms.

Par exemple, en français,

on va retrouver «illes».

Donc, «I-L-L-E-S.»

On va retrouver «iel»,

qu’on peut écrire de

différentes façons également.


Les deux graphies apparaissent, soit «iel» et «iele».


ALEXANDRE BARIL

«Toustes». Donc,

«T-O-U-S-T-E-S.»

«Celleux», «ceuses».

Alors, ce sont tous des pronoms

qu’on va utiliser en français

pour justement référer

à des personnes non binaires

dans le genre.


Texte informatif :
Est-ce que le pronom est si important?


ALEXANDRE BARIL

L’utilisation des bons pronoms

pour les personnes trans et non

binaires dans le genre, c’est

extrêmement important. C’est

une marque de respect, c’est

une marque de reconnaissance. Et

c’est également très important

dans le processus de transition

pour s’accepter soi-même

et de sentir que les gens nous

acceptent. Si vous êtes une

femme et que vous utilisez des

pronoms féminins, vous voulez

que les gens les utilisent

également. Et donc, si les gens

se trompent, évidemment que vous

allez leur dire. Alors, c’est

la même chose pour les personnes

trans et non binaires.

Elles veulent simplement

que leur identité choisie,

leur expression de genre,

soit respectée par les autres.


Texte informatif :
Est-ce que c’est réaliste?


ALEXANDRE BARIL

La question de savoir si c’est

réaliste d’inclure un troisième

genre, un genre neutre dans

la langue française est une

question difficile. Les langues,

on le sait, évoluent. Ça a été

le cas quand on a inventé

Internet et tous les mots liés

à Internet: le courriel, les

téléversements, etc. Donc, la

langue française s’est adaptée

et je pense qu’on est rendu à un

certain moment dans, peut-être,

l’histoire de la langue

française où au cours

des 10, 20, 30 prochaines

années, on verra, effectivement,

un emploi de plus en plus

fréquent d’un genre neutre.

Il y a également toutes sortes

d’autres stratégies au-delà

de créer un troisième genre,

qui serait un genre neutre dans

la langue française. Il y a la

rédaction épicène qui consiste

à «dégenrer» l’écriture ou la

langue qui est utilisée. Donc,

parler d’une personne généreuse

plutôt que de dire:

«Jean est généreux»

ou «Ginette est généreuse.»

Donc, ce sont tous des trucs

qu’on peut utiliser également

pour tenter de réduire l’usage

des genres masculin et féminin

dans la langue française.

Je pense qu’avoir toutes ces

discussions est à tout le moins

un élément positif pour envoyer

un message clair à la population

pour dire: «Il existe des

personnes trans, il existe

des personnes de genre

non binaire.» Et donc,

changer notre langue, il s’agit

d’une étape importante

pour reconnaître leur identité

et reconnaître leurs droits,

et respecter ces personnes-là.



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