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TFO 24.7

TFO 24.7, le nouveau regard francophone. Un magazine qui divertit, informe et commente les découvertes sociales et culturelles de notre francophonie canadienne. TFO 24.7 met à l'avant-scène les artisans, les artistes, les jeunes, les entrepreneurs, les leaders et toutes celles et ceux qui font vibrer notre francophonie d'un bout à l'autre du pays. Reportages, chroniques, entrevues, humour, opinions, une émission qui pose un regard authentique sur notre identité franco-canadienne.

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Vidéo transcription

L'enfant de Sultan

Sultan est une petite communauté située à mi-chemin entre Timmins et Sault-Ste-Marie dans le nord de l’Ontario. La vie a bien changé depuis les années cinquante où à l’époque vivaient plus de 200 familles avec deux moulins à scie, une épicerie et même un théâtre. Le sort de Sultan qui compte aujourd’hui 52 habitants ressemble à plusieurs petits villages du nord de l’Ontario qui sont devenus des villages fantômes. Voici l’histoire de Jean-Marc, le seul enfant de Sultan et de sa famille qui ont choisi de faire les sacrifices afin de rester dans leurs paradis tranquilles !



Réalisateur: Eric Bachand
Année de production: 2017

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Une sonnerie de chemin de traverse annonce le passage imminent d’un train. Le train circule sur la voie ferrée. Il passe dans un petit village.


Texte narratif :
Sultan est un village du nord de l’Ontario situé à mi-chemin entre Timmins et Sault-Ste-Marie.


Pendant que le train passe dans le village, les maisons défilent.


Texte narratif :
Quelques dizaines de personnes habitent cette communauté dont un enfant. Voici son histoire…


Un enfant roule sur son vélo sur la route principale du village. Il se nomme JEAN-MARC.


JEAN-MARC (Narrateur)

À Sultan, avant, il y avait

300 personnes. Là, il y a

52 personnes. Moi, je suis

le seul enfant du village.


L’enfant, JEAN-MARC, s’arrête devant une maison sans revêtement extérieur.


MICHELE BEAUDRY (Narratrice)

L'avantage d'être le seul

enfant à Sultan, c'est que toute

la communauté s'occupe de lui,

et puis elle prend soin de lui,

le guette. Et puis, on le sait

où il est en tout temps.


MICHELLE BEAUDRY, mère de JEAN-MARC témoigne dans son jardin.


MICHELE BEAUDRY

J'ai juste à faire un appel,

et puis, ils vont me dire: «Ah

oui, il est passé ici voici une

heure passée.»


Dans un petit dépanneur, JEAN-MARC s’achète une friandise glacée.


MICHELE BEAUDRY (Narratrice)

Ça fait que je

suis jamais inquiète. Jean-Marc,

il a beaucoup de relation

avec le monde dans le village.


Dans le dépanneur, la tenancière fait un câlin à JEAN-MARC avant de le laisser partir.


TENANCIÈRE DU DÉPANNEUR

(Propos traduits de l’anglais)

Assure-toi de mettre ça

à la poubelle quand tu auras

terminé.


MICHELE BEAUDRY (Narratrice)

Ça prend une communauté

pour élever un jeune. Et puis,

j'aime ce fait-là. Beaucoup.


JEAN-MARC BEAUDRY ROBITAILLE témoigne du fait d’être le seul enfant de Sultan.


JEAN-MARC

Je peux dire une chose,

qu'est-ce que tu peux

apprendre à Sultan, tu vas

pas l'apprendre en ville.


JEAN-MARC et chez un couple de personnes âgées. L’homme du couple se nomme TED CASTILLOUX, c’est l’aîné de Sultan.


TED CASTILLOUX

Fais-tu de la pêche à tous

les jours? Pas à tous les jours.

Quand tu vas pas à l'école.


JEAN-MARC

Non!


TED CASTILLOUX

Oui. Dès que t'auras pogné

un gros poisson, là, tu viendras

nous trouver avec, on va

t'aider à le manger. OK?


JEAN-MARC

OK!


TED livre un témoignage.


TED CASTILLOUX

Dans les années 50, c'était

assez gros, Sultan. Il y avait

un gros magasin général, il y

avait un théâtre, il y avait un

restaurant, un bureau de poste,

on avait un prêtre résident.

C'est parti à cette heure.

Ah oui, c'était pas

la même vie qu'aujourd'hui.


Plusieurs points de vue du village défilent.


Le révérend SÉBASTIEN GROLEAU du diocèse de Hearst livre un témoignage.


R. SÉBASTIEN GROLEAU

Sultan, c'est comme bien

d'autres petits villages autour,

ça diminue. Les personnes qui

demeurent là, un, ils sont bien,

mais deux, ils avaient acheté

cette maison-là en espérant

la vendre il y a 50 ans, puis

aujourd'hui, ça ne se vend plus.

Vendre ça pour s'en aller

ailleurs, il y a pas de revenu,

tu peux pas en acheter une autre

ailleurs. Même aller dans

une résidence, ça donne pas

assez de revenus pour ça.

Donc, les gens demeurent là

jusqu'à ce que mort s'ensuive.

C'est la perte de nos villages,

tu sais. Moi-même qui vient

de Coppell, on me disait dans

les années 50-60, il y avait 120

familles, mais dans les années

40, il y avait 120 familles de

dix. Ça fait 1200 personnes, là.

Aujourd'hui, quand t'as

dix familles de deux,

ça fait 20 personnes. Donc,

c'est la réalité du nord:

on perd des gens.

Puis, pour avoir vécu

À Toronto, Ottawa, bien c'est là

qu'il est l'emploi comme

c'est là. C'est là les points

de service maintenant, là.


DEAN ROBITAILLE, le père de JEAN-MARC témoigne à son tour.


DEAN ROBITAILLE

Bien, vivre à Sultan, ça prend

beaucoup de sacrifices. Je

travaille cinq jours par semaine

en dehors de Sultan. Fait que

je suis tout le temps parti.

À toutes les fois que je pars,

j'ai hâte de revenir.

Je suis chez nous ici, je suis

à la maison. Quand j'arrive ici,

il n'y a plus rien qui existe.

Le téléphone ne marche plus

et je suis bien content pour ça.


MICHELE BEAUDRY

Je trouve que Sultan, c'est

une bonne place où habiter

pour moi parce que c'est devenu

mon coeur de mère. Je me lève le

matin, je sors dehors avec mon

café, j'écoute les oiseaux, les

criquets et je me sens à l'aise.

Bien, pour moi, j'aime la

tranquillité. Ça c'est qu'est-ce

que j'appelle une bonne vie.


DEAN ROBITAILLE

Il y a 30 ans passés,

il y avait une école française.

Dans ce temps-là, il me semble

que quand elle a fermé, il

y avait seulement six étudiants.

Ils avaient pas le même âge

et ils étaient tous

dans la même classe.

Mais ils s'organisaient pareil.

C'était rendu que les jeunes

prenaient l'autobus jusqu'à

Chapleau. Dans mon temps, il

y en avait pas mal. Mais jusqu'à

date, il y en a juste un.

Puis, chanceux pour nous

autres, c'est le nôtre.


JEAN-MARC est avec sa mère dans la maison.


MICHELE BEAUDRY

C'est vendredi, dernière

journée de la semaine.

Daddy s'en vient.

Jean-Marc va à l'école

à Chapleau. C'est une heure

aller-retour, et puis

il fait ça à chaque journée.

Mais ça lui permet d'être

avec d'autres jeunes pour toute

une journée. Et puis, après ça,

il arrive à la maison.


JEAN-MARC et son père se préparent pour la pêche. DEAN montre des leurres à JEAN-MARC.


DEAN ROBITAILLE

Quelle couleur tu veux,

Jean-Marc? Celle-là?

De rester à Sultan

avec un enfant,

on a jamais eu peur de ça.

C'est plaisant d'être capable

de montrer des affaires que j'ai

connues quand j'étais jeune.

Conduire un petit bicycle à

pédale, ou tirer avec un fusil.

Puis, il dort bien le soir parce

qu'il joue dehors, tu sais,

en plein air. Puis, il y a

bien des petites affaires

qu'on pense pas, mais ça fait

un homme, un petit garçon.


JEAN-MARC (Narrateur)

Vivre à Sultan, c'est une

belle vie. Dans les grosses

villes, tu «expériences»

pas les choses comme ici.

Moi, je dis que c'est la plus

belle ville dans le monde.


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